Parc Naturel Marin Estuaire Gironde et Pertuis Charentais

Publié le par pechecarreletsetmoulinets.fr

Parc Naturel Marin Estuaire Gironde et Pertuis Charentais

Journal Sud Ouest du mercredi 8 avril 2015

Publié le 03/04/2015 à 13h46 , modifié le 03/04/2015 à 14h35 par Philippe Baroux

Les enjeux économiques du parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et des pertuis charentais

Samedi 4 avril, le parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et des pertuis charentais est créé par décret de la ministre de l’Ecologie et du développement durable, Ségolène Royal. Il s’ajoute à la liste des six parcs marins français existants.

Certains pensaient que ce parc naturel marin ne verrait jamais le jour. Mais, il y a un peu moins d'un an, à La Rochelle, la ministre, Ségolène Royal relançait la procédure de création qu'avait impulsée Jean-Louis Borloo en juin 2008.

Un périmètre de 6 500 km²

Le parc marin est doté d'une gouvernance centrée sur un conseil de gestion de 69 membres issus des collectivités territoriales, de groupement professionnels, des services de l'Etat et des associations des pratiques et usages maritimes de loisirs. La concertation est le maître mot qui doit régir ses interventions, sur un périmètre de 6 500 kilomètres carrés qui s'étire du pertuis Breton, au nord, au bec d'Ambès, en amont de l'estuaire de la Gironde. Un linéaire côtier de près de 700 kilomètres, dont 230 pour les quatre îles charentaises-maritimes.

Concilier intérêts économiques et respect de la nature

Six orientations balisent la feuille de route du conseil de gestion. Le parc est constitué pour améliorer et partager la connaissance scientifique et empirique des milieux marins ; promouvoir et développer les activités de pêche professionnelle, aquacole et conchylicole, dans le respect des écosystèmes marins ; tout en développant les activités maritimes portuaires et industrielles ainsi que les activités de loisirs. Mais, en préservant et en restaurant les milieux et les fonctionnalités écologiques.

Comment sera financé le parc marin ?

La question sensible, celle du financement du parc marin et des gardes permanents qui seront chargés de l'animer, n'a pas encore de réponse officielle. Mais un certain nombre d'acteurs maritimes, et notamment les associations des professionnels de l'industrie nautique et des plaisanciers, redoutent le recours à une "taxe mouillage" que la loi Macron impose aux navires qui mouilleront dans les réserves naturelles gérées par des collectivités territoriales. Pour l'heure, seules les réserves marines corses entrent dans le champ d'application du texte, mais la crainte est bien réelle. Ce qui a poussé dernièrement ces organisations à rappeler leur attachement au principe de liberté d'accès à la mer.

Une très forte activité économique maritime

Parmi les activités économiques majeures exercées dans le périmètre du parc se trouvent celles des deux Grands Ports maritimes de La Rochelle et de Bordeaux. Ils cumulent près de 18 millions de tonnes de trafic. Il y a aussi la conchyliculture charentaise, avec la mise en marché de près de 20 000 tonnes de moules et 45 000 tonne d'huîtres. Le sort des flottilles de pêche artisanale de La Rochelle, La Cotinière, et Royan, mais aussi des pêcheurs de l'estuaire de la Gironde, au regard des quotas et restrictions européennes, est aussi sensible dans ce périmètre. On ne saurait, enfin, éluder les enjeux de la qualité des apports d'eau douce des bassins versants vers l'aval et les productions maritimes.

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